ACTION MAMA AFRICA OUAGADOUGOU
                                                             ACTION MAMA AFRICA                                                  OUAGADOUGOU 

Compte rendu de mission du 27 octobre au 10 novembre

 

 

Le centre ACTION MAMA AFRICA pour les enfants des rues à ouvert le 22 avril 2016. Nous n’avions rencontré jusque là aucun problème. Mais nous nous doutions qu'en apportant notre en aide à ces enfants, partiellement détruits psychologiquement et physiquement, un jour ou l'autre, nous allions être confrontés à la violence.

 

3 enfants talibés ont été accueillis par AMA.

Ces enfants ont été achetés par que de faux maîtres coraniques en zone rurale à des parents extrêmement démunis, aux quels ils ont promis d'en faire des hommes cultivés.

 

Arrivés à Ouagadougou ces enfants deviennent alors des petits esclaves.Ils sont obligés de mendier toute la journée afin de rapporter de l'argent à leur «maîtres» sous peine de sévices corporel. On les reconnaît facilement, ils portent en bandoulière une boite de conserve qui leur sert à récolter quelques pièces.

 

Notre objectif majeur consiste à sauver ces enfants esclaves en les arrachant à cette vie de misère et de violence.

 

Nous avons accueilli Amadou, Mady et Dramane, tous les 3 âgés de 8 ans environ.

 

Les premiers jours, tout s'est déroulé parfaitement. Mais sans en avoir la certitude, il nous semble que leur «maître» ait envoyé «des grands frères» pour les récupérer. Avant de partir ces trois enfants ont tenté de commettre un maximum de dégâts au Centre. Paul, le cuisinier a réussi à les canaliser. Nous n'avons plus de nouvelles d'eux. Désemparés,nous avons rencontré une ONG burkinabé qui vient en aide aux enfants des rues également. Leur conseil d'une grande sagesse, a été:«vous progressez, ne vous découragez surtout pas, persévérez et gardez en tête que ce ne sera pas la dernière fois.»

 

Boniface et moi, nous avons constaté que cinq des enfants des rues qui venaient régulièrement au Centre depuis l'ouverture, avaient acquis une certaine stabilité et que peut être nous avons réussi à leur donner espoir en l'avenir. Ainsi ces 5 adolescents aujourd’hui travaillent. Ils font parti des convois de camions de marchandises et aident à charger et décharger la marchandise sur les camions qui font le trajet Ouagadougou Lomé.

Quand ils sont de passage à Ouagadougou ils viennent nous saluer, pour notre plus grand plaisir.

 

Nous avons donc de la place pour recueillir des nouveaux. Boniface se rend à la nuit tombée sur différents «sites» où l'on sait qu'il y a des enfants des rues, et les invite à venir au Centre où ils jugent par eux même ce que nous leur proposons.

 

Nous avons scolarisé Kader, 9 ans à l'école proche du centre, avec la crainte qu'il ne puisse accepter l'autorité inhérente à l'école. Quelle n'a pas été notre surprise et notre bonheur d’apprendre que non seulement Kader était très sage mais surtout qu il est le 1er de sa classe.

 

Moïse 17 ans fait partie des enfants qui depuis l'ouverture du centre vient tous les jours. C'est un ado calme, gentil, sans problème. Nous lui avons donné sa chance en le plaçant chez un ami couturier en tant qu'apprenti. Moïse et Kader sont les 2 enfants à qui l'on a permis de vivre au centre car ils sont stables et désireux de s'en sortir.

 

 

ACTION MAMA AFRICA a commencé le soutien aux mamans en situation de grande précarité.

Boniface a identifié cinq d'entre elles vivant dans ce que l'on appelle les «non loti» à savoir les faubourgs de la capitale où se trouvent des petits villages extrêmement pauvres. On se croirait en brousse mais il s'agit bien de la banlieue de Ouagadougou.

 

Nous avons proposé à ces mamans de leur remettre une somme d'argent afin qu'elles commencent un petit «business» Vendeuse de nourriture sur le trottoir à des travailleurs ou des écoliers. Elles ont achetés les marmites les réchauds et les aliments pour cuisiner des beignets, des maïs cuits. Nous leur avons proposé de perpétuer un coutume africaine solidaire. Chaque mois chacune d'entre elle verse une cotisation dans un cagnotte. Lorsque l'une rencontre un problème nécessitant de l'argent, elle a accès à la cagnotte. Des qu'elle reprend son travail, elle rembourse son emprunt petit à petit.

Grâce à cette solidarité elles se sentent plus fortes. Elles parviennent à nourrir leur famille scolariser les enfants … des enfants qui échapperont ainsi à la mendicité.

 

 

Enfin, nous avons découvert une ancienne carrière de granite à ciel ouvert à cinq minutes du centre.

Aujourd’hui les plus pauvres des pauvres y travaillent sans relâche,leurs enfants également,dont certains âgés de cinq ans. Ils cassent le granit pour en faire de petits cailloux destinés à la vente.

 

Notre souhait le plus cher pour 2017: avoir les moyens de venir en aide aux parents afin de soustraire ces enfants à cet enfer.

 

Merci pour votre soutien

 

BONIFACE et VALÉRIE

ACTION MAMA AFRICA